ILS SE MONTRAIENT ASSIDUS A L'ENSEIGNEMENT DES APOTRES Imprimer Envoyer

Actes 2, 42-47

Homélie du Frère Michel MORIN

Place Saint Pierre

J

e voudrais méditer quelques instants avec vous sur ce passage des Actes des apôtres, tout au moins du premier verset : "Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières." Ce genre de sommaire, ce genre de résumé, nous en trouvons trois dans les cinq premiers chapitres du livre des Actes des apôtres. Or les cinq premiers chapitres du livre des Actes des apôtres sont ce qui nous montre, qui nous explique comment s'est constituée cette première communauté chrétienne, après l'événement de la Pentecôte. A partir du chapitre sixième, c'est une autre dimension de l'histoire de l'Église primitive, sa dimension missionnaire. C'est le martyre d'Etienne qui a comme témoin Paul et au chapitre septième la conversion de saint Paul.

Ces trois passages identiques à peu près à celui-ci viennent donc comme un refrain après les événements principaux vécus par la communauté chrétienne naissante. Or c'est sûrement à dessein que saint Luc, l'auteur de ce livre, a ainsi, à trois reprises, expliqué de façon très brève comment vivait la première communauté chrétienne, sur quoi elle était constituée. Et le verset que je viens de rappeler est absolument essentiel pour connaître l'esprit et la vie de cette communauté chrétienne, mais aussi pour savoir dans quel esprit et sous quelle forme, nous qui sommes la communauté chrétienne d'aujourd'hui, avons à vivre pour être fidèles à l'événement que nous venons de célébrer cette semaine, la Pâque du Seigneur, sa mort et sa résurrection.

Il y a quatre caractéristiques fondamentales et essentielles à la vie d'une communauté chrétienne, qu'elle soit locale, toute petite comme la nôtre ou universelle comme l'Église répandue dans le monde entier. Ces quatre traits caractéristiques sont les suivants : l'enseignement des apôtres, la fidélité à la communion fraternelle, la fraction du pain, les prières.

L'enseignement des apôtres c'est essentiellement ce que nous appelons en termes techniques le kérygme, la proclamation du centre de la foi : "Jésus était mort, Dieu l'a ressuscité. Nous en sommes témoins. Nous vous l'annonçons. Pour vivre de sa vie faites-vous baptiser. Vos péchés seront pardonnés." C'est essentiellement cela et le développement de cette foi des disciples que les apôtres ont proclamé.

La fidélité à la communion fraternelle, c'est ce que d'autres passages de ce même livre appellent aussi, la mise en commun des biens : "Rien ne manquait à personne,"quelles que soient les ressources ou les besoins des membres de la communauté chrétienne. C'est sous l'autorité des apôtres que se faisait le partage de ces biens, car les chrétiens, lorsqu'ils avaient acquis ou récolté quelque chose venaient à l'assemblée, et sous le regard et le jugement des apôtres, ils donnaient ces biens qui étaient partagés selon les besoins des uns et des autres.

La fraction du pain, vous le savez, c'est l'eucharistie, célébration, mémorial de la mort et de la résurrection du Christ, dans laquelle le mystère de sa Pâque, s'accomplit, se donne, construit l'Église qui est son corps. Les prières, c'est la liturgie des heures, cette liturgie que les premiers chrétiens ont d'abord célébré dans le Temple, puis, sous l'autorité des apôtres, dans les maisons particulières.

Vous voyez donc que ces quatre traits sont essentiels à la vie de l'Église, car, aujourd'hui encore, c'est ce que nous avons à vivre et ici même dans cette communauté paroissiale, c'est ce que nous devons essayer de vivre. L'enseignement des apôtres la communion fraternelle, la fraction du pain, l'eucharistie et les prières qui rythment dans la louange de Dieu, la vie des hommes et du monde. Et à partir du moment où il manque, dans une communauté chrétienne, une de ces caractéristiques, elle n'est plus dans la fidélité totale aux apôtres, ni à la première communauté chrétienne et donc il lui manque une dimension essentielle de sa vie, de son témoignage. Que ce soit l'enseignement des apôtres qui manque parce qu'on prêcherait d'autres évangiles, ou parce que nous tournerions "nos oreilles vers des fables". La fidélité a la communion fraternelle si elle manque ou si elle est trop idéologisée, trop politisée. La fraction du pain si elle est exclue, si elle est mal célébrée. Les prières si elle ne sont pas la manifestation continuelle de la présence de Dieu dans son Église, dans notre cœur, cette présence du Christ qui mont en forme de louange vers le Père.

Mais le mot essentiel qui lie, qui relie et qui donne fondement à ces quatre caractéristiques, c'est le premier : "ils se montraient assidus", ils se montraient fidèles, ils se montraient persévérants. Et c'est vrai frères et sœurs, que parfois, l'enseignement des apôtres tel qu'il est donné aujourd'hui dans l'Église sous l'autorité de son magistère n'est pas toujours facile à porter et à vivre. Or, qui que nous soyons, nous devons être assidus à cet enseignement des apôtres. La communion fraternelle n'est pas toujours facile ni aisée, ni agréable, car, d'une façon ou d'une autre, il faut toujours se détacher de quelque chose de matériel ou d'un peu de soi-même. La fraction du pain, on peut aussi se poser beaucoup de questions sur ce sacrement fondamental. Quant aux prières, on peut les abandonner, mais l'Église sera alors un système en plus des autres qui n'aura aucun intérêt ni pour elle, ni pour le monde.

Qu'en cette prière, qu'en cette Pâque qui dure toujours, nous puissions demander à Dieu, ensemble, cette assiduité, cette persévérance fondamentale et nécessaire à la première communauté chrétienne, au témoignage des apôtres et à l'Église d'aujourd'hui universelle ou locale. Et que cette assiduité-là, dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, dans les prières, soit une louange pour Dieu.

AMEN


 

 

 

 
 
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